Critique album : LANDS – Olympos

Je ne peux qu’avouer mon dépit quant à la domination outrageuse (et statistiquement très louche, mais c’est un autre débat) des groupes de la Johnny’s Jimusho dans les charts. Et je ne peux que m’irriter devant toutes ces minettes criardes à la syntaxe terroriste qui jettent l’opprobre sur la communauté des fans de J-music français. Mais pour autant, je ne fais pas partie de tous ces élitistes qui crachent sur les artistes de la firme eux-mêmes. Pour une raison toute simple : j’ai du respect pour les gens qui travaillent comme des fous pour compenser leur absence de talent au lieu de se reposer sur leurs lauriers, et le fait est que dans leur domaine (celui de l’aguichage à grands renforts d’acrobaties, de mises en scène grandiloquentes, de fan service et de chansons aux mélodies efficaces) les Johnny’s sont clairement des pointures.

LANDS - Olympos

Pour autant, si je n’ai jamais caché un goût prononcé pour les pitreries de Tackey & Tsubasa, une vraie passion pour les kitscheries de Shuuji to Akira ou Toraiji Haiji, et une certaine propension à apprécier les niaiseries de Yamapi et des NEWS, je dois dire que je n’ai jamais vraiment compris ce qui fait le succès de KAT-TUN. Charisme zéro, morceaux décousus, chorégraphies passables, image de bad boys pas crédible une seconde et même pas une jolie gueule ou une silhouette décente pour expliquer les afflux d’oestrogènes : non vraiment, je ne vois pas. En particulier, l’engouement de la gent féminine pour Jin Akanishi m’a toujours laissé circonspect : le type a une sale tronche, n’a pas de voix, ne sait pas se fringuer et encore moins danser, il lui reste quoi ?

Et puis à l’occasion de la sortie du film BANDAGE, j’ai eu la surprise d’apprécier le single éponyme de LANDS, le groupe dont Jin joue le leader. Ce qui m’a donné l’occasion de me repencher un peu sur son évolution, et de constater qu’il avait au moins gagné en crédibilité dans son crédo de mauvais garçon, à défaut d’avoir développé ses qualités artistiques. Non parce que soyons clairs : les arguments du single tiennent à 95% à la qualité de la production orchestrée par Takeshi Kobayashi, un des plus grands producteurs du marché nippon actuel qui n’a pas volé sa réputation. Kobayashi a réussi à créer un univers pop-rock sombre mais accessible, en articulant la personnalité artistique de ses compositions autour de l’image de Jin Akanishi. Mieux, comme le démontre donc l’album de LANDS sorti tout récemment : il lui a créé des morceaux sur mesure, parfaitement adaptés à sa voix. Non seulement le registre vocal limité de Jin n’est pas ressenti comme un handicap, mais en plus Kobayashi l’a aidé à se créer une vraie personnalité vocale, avec un timbre grave et légèrement feutré, une interprétation suave et sobre servie par ses failles, et un mixage qui évoque à merveille l’ambiance des live houses underground.

Le résultat, c’est un court album (CDJapanYesasia) superbement produit avec des compos très fortes bourrées de qualité : mentions spéciales à l’orchestration guitares/basse hypnotisante de Kodou, l’excellente Hatachi no sensou aux faux airs de U2 (et sa version alternative planante), l’atmosphère rock’n'roll 70′s très bien reproduite de la chanson-titre Olympos, ou encore l’hommage évident (sinon c’est un plagiat éhonté) à L’Arc~en~ciel et son C’est La Vie dont Thank You reprend tous les éléments, jusque dans les cloches. Kobayashi s’impose comme une espèce de Christina « Ma chéwie ça ne va pas du tout il faut rester camaïeu » Cordula de la Jpop, capable de prendre le plus quelconque des chanteurs et d’en transcender le potentiel pour lui permettre de livrer un CD très réussi. On ne peut désormais qu’espérer qu’il poursuive son incursion dans ce style musical avec un interprète de plus grand talent : le résultat serait sans aucun doute des plus réjouissant !

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