La sélection naturelle fait enfin son travail (Van spirit inside)

On apprenait hier à la lecture de JaME, la seule source (Dieu merci !) qui s’intéresse encore au Visual Kei (mais a au moins le mérite de le faire bien) , que le groupe Gakidou a été récemment victime d’un tragique accident de voiture. Un pneu qui éclate, le conducteur qui perd le contrôle de son véhicule, et c’est le drame. Deux des artistes sont violemment éjectés du van qui les transportait, et l’un d’eux, le chanteur Piyo, décède sur le coup d’un choc violent à la tête, à 28 ans. Le monde du Visual Kei est en deuil, et c’est donc l’occasion rêvée de mener une étude expérimentale comparative sur le potentiel d’indignation des fans de Jasmine You avec ceux (ou plutôt celles !) qui vont dans les prochaines heures se découvrir une passion aussi subite que fervente pour Gakidou.

Piyo

A la lumière de ce drame, ayons tout d’abord une pensée pour les employés de la DDE nippone, auxquels il a fallu 3 jours de travail acharné pour nettoyer les traces de peinture maquillage sur le bitume, le mélange avec l’hémoglobine s’étant révélé plus tenace qu’une tache d’huile de vidange sur le string en dentelle de Kumi Koda. Alors que les thanatopracteurs qui ont officié sur la dépouille avaient tiré le bon numéro eux : c’était sans doute bien la première fois qu’on leur demandait de passer une tronche de macchabée au karcher avec de l’eau oxygénée, ça les a changés un peu de leur routine quotidienne.

Une pensée aussi, bien sûr, pour le défunt, Piyo, qui aura décidément mangé du pain noir toute sa vie. S’être ainsi coltiné pendant des années un pseudo qu’on pourrait traduire par « cui » (le même que dans « cui-cui »), ainsi que la coiffure de chocobo qui va avec, relève déjà du fardeau qui aurait conduit bon nombre d’entre nous au suicide. Mais on ne pourra qu’être ébahi par le courage avec lequel l’artiste a porté, jusqu’à l’âge de raison avancé de 28 ans, ces fameuses dentelles criardes doublées d’un maquillage outrancier qui feraient passer une pemphigoïde bulleuse sur les grandes lèvres d’une actrice de film X pour une délicate création gastronomique. Le plus intransigeant des misanthropes ne saurait se prémunir d’une évidente compassion à l’égard de la souffrance qui a caractérisé l’existence de Piyo, et c’est donc avec un grand soulagement qu’il faut accueillir l’annonce de son passage dans un monde qui, quel qu’il soit, ne pourra être que meilleur.

Enfin, ayons surtout une pensée pour les autres membres du groupe ainsi que leur staff, qui n’ont pas eu la même chance et sont aujourd’hui, tous, hors de danger. Pour eux, l’horreur continue, et il serait sans doute bon d’attirer l’attention des media du monde entier sur leur cruelle destinée, au lieu de s’occuper des petits haïtiens qui ont au moins la chance, eux, d’avoir conservé ce qui fait encore d’eux des êtres humains : un semblant de dignité.

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